portrait de la semaine

Motoculteur ou moto qui cultive ?

Mr Ibrahim Mohamed est soudeur en menuiserie métallique. Il est chef d’atelier au quartier CEG 11 de Niamey et, comme tous les ateliers de la place, il fabrique habituellement des nécessaires de construction : porte, fenêtre, etc. Mais Ibrahim fabrique aussi des charrettes et charrues, des réservoirs hydrauliques métalliques.
Ibrahim est issu d’une famille d’agriculteur. Son frère dispose d’un jardin situé dans la vallée route Filingué.

Pour le travail de sol, son frère dépense près de 2 000 000 FCFA chaque année pour les labours des deux campagnes de production : maraichage et cultures pluviales. L’idée d’aider son frère à réduire les dépenses pour les labours l’a alors amené à penser à un dispositif de labour mécanisé. Etant menuisier métallique, Ibrahim ne cautionnait pas à ce que son frère achète un motoculteur importé, qu’il trouve non seulement cher mais non adapté aux besoins de labour de son frère. Aussi, il a réfléchi à la fabrication d’un motoculteur. Son idée a été de partir de ce qui se trouvait le plus facilement au Niger, une moto, d’ajouter les outils de travail et de l’adapter au terrain. Il a ainsi créé son propre modèle de motoculteur.
Pour arriver à l’engin exposé au SAHEL 2019, Ibrahim a, durant quatre ans, essayé puis enfin pu fabriquer le motoculteur.

C’est un assemblage moto + outil de travail du sol comprenant : une moto KASEA 125 (jugé plus résistante avec une disponibilité des pièces de rechange) transformée en tricycles, deux roues cages fabriquées dans son atelier pour passer sur un terrain meuble, un outil à trois dents fabriqué aussi dans l’atelier. Les deux roues cages sont utilisées pour les terrains difficiles (sols sableux ou sols humides). La profondeur de travail des dents est réglable de 1 à 20 cm. Pour le prototype exposé au SAHEL 2019, il fonctionne à essence. L’utilisation sur terrain a montré que la consommation en carburant est de 1litre / heure. La capacité de travail du motoculteur est de 1 hectare en 90 minutes.

Le motoculteur coute 600 000 F.CFA (achat de la moto, achat et fabrication d’accessoires, montage et test sur terrain). Si le client fournit la moto, le dispositif coute 300 000 F.CFA. Le délai de livraison est de 10 jours. Il est mis sur marché à partir de février 2019.

Source: Seyni Souley

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