Suppléments Echos

Cameroun: pourquoi l’obtention du titre foncier demeure un mystère!!!

Le secteur de l’agropastoral est au centre des préoccupations de tous les jeunes africains en général et des Camerounais en particulier. Qu’on ne se méprenne pas, tous ou du moins la grande partie, veut retourner écouter la terre pour mettre en application les échos qu’elle nous envoie. Mais cet effort se trouve confronté à un problème domanial qui, d’une manière ou d’une autre empêche le décollage de l’agropastoral. Or, chaque entrepreneur doit être en mesure de répondre aux questions suivantes, la liste n’est pas exhaustive, mais ce sont les plus importantes, afin d’acquérir une parcelle de terrain sans risque de se faire anarquer: quels sont les terrains disponibles là où l’on souhaite s’en procurer ? Comment s’en approprier et/ou quelle est la procédure à suivre pour s’en approprier ? Quelles sont les dépenses à effectuer pour obtenir un titre foncier ? Quels sont les droits et les devoirs du propriétaire ou du locataire ? Qu’est-ce que l’on peut ou ne peut pas faire sur tel type de terrain ? Quels sont les acteurs qui interviennent dans telle ou telle procédure ? Quel est le rôle de chaque acteur ? En cas de problème, à qui revient la faute ? À qui se plaindre et comment obtenir gain de cause ? Autant de questions auxquelles des réponses existe.

D’abord il faut savoir bien s’informer en se procurant les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Certains d’entre eux sont disponibles dans un recueil appelé Régime Foncier Et Domanial Au Cameroun en vente au Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières. D’autres textes plus récents existent pour les transactions foncières.

Même s’il est vrai que tous les camerounais pensent que l’accès aux terres est compliqué pour tous; et n’a-t-on jamais entendu les déclarations suivantes : « J’ai attendu vingt ans pour avoir mon titre foncier. »

« Tu ne peux pas avoir le titre foncier sans « tchoko ». »

« Les procédures sont trop longues et surtout, trop coûteuses » ?

Mais il faut du moins dire que malgré le fait que les procédures sont longues, il y a des raisons à cela. L’une d’entre elles est étant un Etat de paix, l’Etat camerounais souhaite que l’occupation et l’exploitation des terres se fassent sans problème. C’est pourquoi dans certaines procédures, il est aménagé du temps pour la formulation d’éventuelles oppositions à l’immatriculation du terrain. Par ailleurs, des efforts sont faits par le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières pour moderniser et écourter les procédures.

Pour donc obtenir une parcelle de terrain, il est important de s’informer. Il faut savoir qu’avant de se lancer dans un projet, quel qu’il soit, il est important de s’informer, disent les spécialistes. A l’ère du numérique, il n’y a plus rien de caché. Et le Révérend Dr Shawn SMITH a plusieurs fois dit que « si vous pensez que la connaissance est coûteuse, essayez l’ignorance ». L’ignorance sera toujours plus coûteuse. Cela n’exclut pas la vulgarisation plus poussée de la réglementation en vigueur par l’administration foncière à savoir le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, et pourquoi pas, la révision de certaines procédures en termes de temps et de coût notamment, ce qui serait une avancée considérable. Le titre foncier cesserait alors d’être perçu comme un luxe par plus de la moitié de la population camerounaise.

Il est encore plus important et même primordial de changer les mentalités. La corruption et la poursuite effrénée du gain personnel au détriment des autres ne doivent pas avoir de place.

La connaissance est importante, le changement des mentalités encore plus. Il faut s’informer afin de connaître ses droits et ainsi, prévenir et combattre les abus dans la société.

Par Prosper AZOMBO

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