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Campagne agricole 2019 : quel itinéraire pour le Cameroun ?

Le département du Ndé à l’ouest-Cameroun a abrité le lancement de la campagne agricole édition 2019 ce vendredi 15 mars. Sous l’égide du patron de l’agriculture et du développement rural, sept régions méridionales étaient présentes à ce rendez-vous.

Une véritable communion entre le ministre de l’Agriculture et du développement rural, Gabriel Mbaïrobé, et les populations de l’Ouest-Cameroun à l’ouverture de ladite campagne. Sous la bannière de la vulgarisation de l’agriculture de seconde génération, le gouvernement camerounais entame une nouvelle politique agricole plus ambitieuse. Le ministre de l’Agriculture et du développement rural Gabriel Mbaïrobé ne manque pas de le préciser en reprenant le président de la République : « vulgariser la production locale tout en restant dans la trajectoire du président de la République, celle de l’agriculture de seconde génération. » Un point d’honneur sur cette agriculture dont beaucoup ignore encore la signification. De façon simple et pratique, l’agriculture de seconde génération est un simple passage de la houe au tracteur, c’est-à-dire de la mécanisation qui génère plus de revenu. C’est ce chemin qu’entend exploiter le gouvernement camerounais au regard des multiples obstacles que fait face l’agriculture surtout dans les zones méridionales. Cette campagne agricole se veut alors comme un catalyseur, mieux encore un « dévastateur d’obstacles ». Cela peut-être démontrer à travers les offres faites au lancement de cette campagne aux agriculteurs notamment le matériel agricole de première nécessité. L’édition 2019 de la campagne agricole a pour ambition de limiter le taux d’importation qui est à l’origine du déficit de la balance économique du pays. Une fois les importations limiter, il faut accroître la production locale afin d’augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs qui jusqu’ici reste faible. Selon le Minader, il s’agit d’ouvrir les portes aux marchés étrangers dans la mesure où les produits locaux doivent se distinguer dans les rayons des grandes surfaces à l’international. Comment atteindre le point d’achèvement de cette politique qui paraît judicieux pour les agriculteurs ? un processus à parfaire et à consolider. Tout de même il faut faire connaissance des problèmes que regorge l’agriculture camerounaise qui sont d’ordre naturels, technico-économiques et humaines pour tenter de les solutionner.
Au plan naturel, les zones méridionales sont peu fertiles à cause de la rareté ou de l’irrégularité des pluies.
Au plan technico-économique, le matériel utilisé est encore archaïque et manuel. Toute chose qui favorise le faible rendement. Les agriculteurs utilisent encore la tactique de l’agriculture sur brûlis qui appauvrit les sols. Le système de mécanisation est encore mal connu ou non utilisé car les agriculteurs n’ont pas de moyens pour s’acheter les équipements d’envergures liés à la production agricole. Ils manquent également d’accès aux crédits et ne bénéficient pas des subventions. Quant aux voies de communication, elles sont très enclavées et ne favorisent pas une évacuation facile des zones de productions qui sont éloignées de celles réservées à la vente. Quand elles existent, elles sont impraticables.
En ce qui concerne la main d’œuvre, elle est le plus souvent familiale par conséquent non qualifiée.
Lorsque ces difficultés sont connues, il faut trouver des solutions pour prétendre une mécanisation de l’agriculture. Les agriculteurs doivent se mettre en coopératives pour bénéficier des crédits et subventions mais aussi pour mériter de séminaire de formation comme le fait déjà certaines ONG. La campagne agricole édition 2019 fera encore foi. Il faut également la recherche scientifique et réhabiliter les routes pour faciliter l’évacuation. Il faudrait donc d’importants équipements pour booster la production ; ce qui fera des emplois et limiter les importations au détriment de la production locale.
Le lancement de cette campagne s’achève avec une visite du ministre de l’agriculture dans le site agricole du président du Sénat Marcel Niat Djifendji. Pour Gabriel Mbaïrobé, c’est un bel exemple de l’agriculture de seconde génération.
Prosper NGA NKOU

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