La chronique de la semaine

L’industrialisation du secteur agropastoral au Cameroun: une réalité à corriger et à améliorer

L’INDUSTRIALISATION DU SECTEUR AGROPASTORAL AU CAMEROUN : UNE REALITE A CORRIGER ET A AMELIORER.
Rodrigue SEKONE dans un article publié dans Happy in Africa.com, daté du 30 août 2017 et intitulé, Cameroun : booster le secteur agropastoral pour réduire le chômage, nous informe que, l’agropastoral occupe 60% de la population active et que le pays y tire 20% de son produit intérieur brut (PIB). Aussi, elle assure l’autosuffisance alimentaire à 95% de la population, mais surtout elle rencontre d’énormes difficultés organisationnelles et financières.

En effet, Rodrigue SEKONE parle du secteur agropastoral en général, nous, nous en parlons dans le cadre de son industrialisation, qui est une réalité qu’il faut corriger et améliorer.
1. Une réalité à corriger
Dire que le mouvement d’industrialisation du secteur agropastoral au Cameroun n’est pas une réalité concrète, c’est faire preuve de mauvaise foi. Celui-ci se présente selon histoiretechblog.worldpress.com dans son article daté de 2016 et intitulé Cameroun : l’Agriculture, l’élevage et la pêche, sous trois formes : l’Agriculture moderne, l’élevage moderne et la pêche moderne.
Parlant de l’Agriculture moderne, elle se caractérise par de vastes superficies, un matériel mécanisé (tracteurs, avions), des études scientifiques (sélections des semences, recherches agronomiques, utilisation d’engrais chimiques, produits antiparasitaires…), un personnel qualifié et salarié, une agro-industrie (transformation des produits industriels destinés à l’alimentation), l’agro-business… Quel camerounais ignore la Cameroon Development Corporation (CDC), la Société sucrière du Cameroun (SOSUCAM), la Société de développement du Coton du Cameroun (SODECOTON), PAMOL Plantation, la Société camerounaise des palmeraies (SOCAPALM) (…) ? S’il est vrai qu’elles emploient assez (la CDC et la SOSUCAM sont les deux plus gros employeurs après l’Etat), il faut reconnaître qu’elles n’appartiennent pas toutes à l’Etat (par exemple, la SOSUCAM est une filiale du groupe sucrier SOMDIAA, PAMOL Plantation appartient à 79% à l’Etat, SOCAPALM est une filiale de la Luxembourgeoise Société financière des caoutchoucs (SOCFIN), La SODECOTON est para-privée, avec pour actionnaire la compagnie française pour le développement des textiles (CFDT) et travaille avec les producteurs locaux), ainsi, comment des entreprises appartenant à des étrangers pour la plupart, vont s’investir à booster notre économie et à parfaire notre bien être ? N’est- il pas logique qu’elles recherchent leur profit, c’est-à-dire le retour à leur investissement ? Avec la résilience de notre économie, ne serait-il pas temps de repenser à nationaliser nos entreprises ou alors à mieux négocier nos partenariats ? En effet, la majeure partie des produits de ces sociétés est destinée à l’exportation, si ce n’est pas le cas, ils sont boycottés (SOSUCAM souffre de surproduction).
Parlant de l’élevage moderne, il se caractérise par l’introduction de races sélectionnées (Centre de Goudali), La pratique du ranching (Wakwa dans le faro, Dumbo-jakiri dans le Nord-Ouest, Ndokayo (Est), un meilleur suivi de l’alimentation des animaux (protection contre le charbon, la peste bovine). Comme société s’illustrant, on peut citer La Société camerounaise pour l’élevage et la provende (SCEP) qui est une joint-venture entre GLON SANDERS et SOMDIAA).
S’agissant de la pêche moderne, elle se caractérise par le développement de la pisciculture, la pêche industrielle qui se fait en mer à l’aide des chalutiers. Le port de Douala, est le lieu de prédilection de cette activité.
Ce qu’il faut corriger dans cette réalité industrielle, c’est la participation des camerounais. Ils doivent être partie prenante de toute la chaine, non plus être cantonnés dans la portion incongrue d’ouvriers. L’Etat doit encourager les puissants hommes d’affaires camerounais à investir dans ce secteur tout en leur offrant un cadre d’affaires viable pour le bien des camerounais, afin que le made in Cameroon, soit par et pour les camerounais. Aussi, pour les sociétés déjà en place, l’Etat se doit de renégocier les termes des contrats afin qu’ils soient à l’avantage des camerounais. Les camerounais doivent bénéficier largement des produits qui sont fabriqués chez eux et à des prix abordables. Aussi, une politique d’intéressement des camerounais à l’industrie agropastorale par une forte et rationnelle vulgarisation serait aussi de bon aloi.
2. Une réalité à améliorer
Après avoir corrigé cette réalité, il convient de l’améliorer, mais pour cela, il faudrait d’abord connaître les problèmes qu’elle rencontre. Parlant de ses problèmes, voici ce que nous dit histoireetechblog.worldpress.com. (cf.)
S’agissant de l’Agriculture moderne, elle est tributaire du prix des matières premières sur le marché international, ne serait-il pas possible de penser la mise sur pied d’un puissant marché local, en apprenant à consommer ce que nous produisons. Il y a aussi, la faible utilisation des machines agricoles, qui quand elles existent, sont distribuées à ceux qui peuvent facilement se les procurer pas leurs propres moyens et quand elles tombent en panne, elles sont quasi irréparables, car, les techniciens à même de le faire sont rares ou inexistants, or, ne pouvons-nous pas mieux organiser la distribution de ces machines, par exemple, en les répartissant dans les communes et en veillant qu’elles soient utilisées par tous. Mais aussi, ne pouvons-nous pas penser un transfert de technologie, en formant des ingénieurs à la réparation de ces machines, mais surtout à la construction locale de machines adaptées à nos sols. Aussi, la difficulté d’accès aux financements, aux crédits et aux intrants qui sont très coûteux, sans oublier les détournements de fonds, nous amènent à poser comme urgente non pas seulement la mise sur pied d’un fond conséquent d’appui, mais surtout de veiller à sa bonne et transparente gestion, afin que celui qui s’engage dans ce secteur se sente encouragé et soutenu. Il faut aussi noter la faible vulgarisation des résultats des recherches sortis des centres et instituts agronomiques, ceci dû l
soit à l’absence de moyens, soit à une discrimination inconséquente. Enfin, notons le mauvais état des routes et l’enclavement de certaines zones de production, ce qui mène à la non attractivité économique de ces zones qui sont parfois d’un fort potentiel économique, et s’il arrive qu’une activité économique s’y produise, elle est souvent de l’ordre de la contrebande, elle échappe au contrôle de l’Etat et n’aide pas à la vitalité de son économie, n’oublions pas aussi les énormes pertes qu’ont généralement ceux qui s’engagent malgré tout à investir dans ces zones. Aussi, l’entretien des routes et le désenclavement ne doivent pas être l’affaire exclusive de l’Etat, tous nous devons nous sentir concerner.
Parlant de l’élevage moderne, il rencontre comme problèmes, le faible niveau d’organisation professionnelle, d’où la nécessité d’une formation professionnelle élargie et vulgarisée. L’insécurité qui mène au vol du bétail (hier et aujourd’hui encore, les coupeurs de route, aujourd’hui Boko haram), d’où la nécessité du renforcement de la sécurité qui est essentielle pour les investissements industriels et la rentabilité de ces investissements (on arrête plus de comptabiliser les pertes de la CDC depuis qu’a commencé la guerre en zone anglophone).
En ce qui concerne la pêche moderne, elle rencontre comme problèmes, la diminution des ressources due à la non réglementation de l’activité de pêche ou au non contrôle de l’activité, mais aussi aux changements climatiques et plus encore, à la pollution des eaux. Aussi, la domination du secteur piscicole par les étrangers qui pour la plupart pêchent illégalement dans les eaux du pays, ceci dû à la non protection par l’Etat des industriels locaux de la pêche, au non contrôle de l’activité, à l’absence de la formation et de la promotion d’un réseau industriel de la pêche, l’Etat laisse chacun se battre selon ses propres forces. En outre, il y a le faible développement de la pisciculture, qui est dû à un manque de formation, d’information et surtout de vulgarisation, rares sont les établissements destinés à cela, pour la plupart c’est dans le tas qu’ils sont initiés (école technique d’agriculture, d’élevages et des pêches de Nkol-Nda, Collèges régionaux d’agriculture, écoles techniques d’agriculture…)
Améliorer signifie aussi inventer de nouveau. Inventer un cadre d’affaires et d’activités viables pour les industries de ce secteur, promouvoir la consommation locale de la production locale, afin que les entreprises locales se sentent privilégiées et protégées, pour ne plus vivre la situation de la SOSUCAM. Inventer des manières de travailler, de produire, et de gérer qui nous soient propres, le respect du travailleur, une production qui protège l’homme (il est inadmissible qu’avec toutes les conséquences attribuées aux OGM, SODECOTON souhaite y investir dans quelques années, au lieu de penser par elle-même un nouveau produit qui respecte l’homme), aussi s’assurer de la bonne gestion des entreprises, qui parfois sont dotées de financements conséquents qui finissent par être détournés par des gestionnaires véreux qui étonnamment sont promus.
MAKANDA EBEBE FABRICE CALVIN

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